
Saisir sur la toile ou le métal le cheminement, les incidences de la pensée sur le geste, les afflux et connexions imperceptibles entre le rêve et l’accion, ce va-et-vient incessant...Fixer l’indicible complicité qui nous lie au monde... Pierre Duclou peint la trace des corrélations entre l’intime et l’univers. Sa volonté d’accumulation comme un refus de l’épure, son désir d’équilibre entre le brut et le baroque servent cette métaphore d’une utopie de réciprocités et d’interactions bâtie d’écritures et de matières.
Peintre, graveur, sculpteur colombien, né en 1958 à Bogota, utilise en gravure toutes les techniques connues mais il privilégie surtout la technique de l’eau-forte sur des plaques de zinc, avec des traits rapides, profonds, très contrastés. Les animaux sont très présents dans son oeuvre, ils sont une façon détournée d’exprimer ses idées : celles d’un monde où la violence est omniprésente.
Presque quarante livres à son actif, Jacqueline Ricard conçoit des livres d’artistes et de bibliophilie à tirage limité, 30 à 50 exemplaires maximum, imprimés sur papier pur chiffon et tire ses gravures sur sa presse taille-douce, ceci depuis les années 1990.
Elle utilise différentes techniques pour tenter la difficile traduction de la nature dans son élément naturel, intouchée par la main de l’homme : du Carborundum qui livre les secrets de l’âme de Giono, dans Le Printemps en Haute- Provence, à l’héliogravure qui parle en secret à Uluru, en passant par les encres, et autres gaufrages, toutes les techniques ne sont que prétextes pour pénétrer dans des univers inconnus. Traduction ou création du réel, de l’alchimie avec ses auteurs qu’elle choisit avec soin dans des affinités pour le moins électives, sa démarche s’épure et la ligne se fait vive, au fil du temps qui passe.